La galerie Fan-Dok a réaménagé ses murs pour dédier un espace plus important aux expositions.

Jusqu’au 26 janvier 2013, la galerie Fan-Dok présente une sélection de travaux de quelques artistes talentueux et incontestables sur la scène artistique marocaine si ce n’est  internationale : Moulay Youssef El Kahfaï, Abdellatif  Belaziz, Habib Kibari, Najeb Zoubir, Abdellah Dibaji, Mohamed Benmoussa et Abdelaziz Lkhattaf.

 

Moulay Youssef El Kahfaï

Né en 1969 à Marrakech. Artiste plasticien lauréat des Beaux Arts de Tétouan, il s’est formé aussi à la lithographie et à la gravure. Sa première exposition date de 1988 et il connait aujourd’hui un brillant parcours au Maroc et au niveau  international. Artiste résolument contemporain, il développe une peinture figurative suggestive où les corps se prêtent aux questionnements existentiels.

Abdellatif Belaziz est né en 1953 à Larache. Après une formation aux Beaux Arts de Tétouan et à l’Académie Royale des Beaux Arts de Belgique, Belaziz fera de longs séjours à l’étranger et notamment en Norvège. Il expose depuis 1980 et son travail a été distingué par de nombreux prix. La femme et les subtilités du mouvement corporel ont toujours été au centre de ses préoccupations. Dans un style expressionniste il nous offre une palette subtile et riche en couleurs.

Habib Kibari

Né en 1961 à Beni Mellal, lauréat des Beaux Arts de Tétouan, il est connu pour avoir l’un des meilleurs traits de sa génération. Artiste très talentueux, discret et jaloux de son travail, il n’expose que rarement même s’il travaille beaucoup.

Très admiratif de Van Gogh, il s’en inspire plus par son trait que par les sujets qu’il traite. Habib Kibari propose une dynamique gestuelle qui le différencie et l’identifie. Le spectateur a le sentiment de voir des croquis réalisés à main levée. Ainsi, des personnages, des lieux et autres scènes de la vie sont comme pris sur le vif. Le mouvement, rapide et nerveux, est exécuté en un tournemain heureux, comme le firent les grands peintres voyageurs.

« Il sait allier une gestualité puissante et une superbe touche de créativité », a écrit un journal africain à propos de ses travaux consacrés aux Touaregs en 2002.

Abdelaziz Lkhattaf

Né en 1967 à Aït Ourir. Il a animé pendant seize années la galerie Delacroix à Tanger. Sa première exposition personnelle date de 1993. Peintre et graveur autodidacte, il a bénéficié d’une résidence à la Cité des Arts à Paris en 2002. Il compte plusieurs expositions personnelles et collectives au Maroc et à l’étranger. Abdelaziz Lkhattaf utilise une palette riche et lumineuse et propose souvent à notre regard des silhouettes suspendues, tendues vers des contrées mystérieuses qui ne sont pas sans rappeler les « contrebandières » du Nord en ce qui concerne les œuvres exposées actuellement.

Mohamed Benmoussa

Mohamed Benmoussa est né en 1953 à Chaouen. Enseignant d'arts plastiques, il fait partie de la génération des valeureux peintres des années 70. Un artiste d’une rare force et authenticité. Il exprime, à travers son travail, ses inquiétudes et ses espoirs. « Je peins ce que je ressens dans la vie. Celle-ci est pleine de rebondissements et d'espoir » nous confie Mohamed Benmoussa.  La femme, le portrait et l’oiseau sont au centre de ses travaux, et il nous les propose avec beaucoup de spontanéité, de bleus et de dénuement.

Abdellah Dibaji est né en 1948 à Azemmour. Après une formation à l’Académie des Beaux Arts de Liège (Belgique), il a été longtemps enseignant et ensuite inspecteur d’éducation artistique. Il expose régulièrement depuis les années 70 au Maroc et à l’étranger.

Un bouillonnement de vie et de couleurs vont s’installer sous uneenveloppe urbaine qui présente comme à son habitude des pans d’El Jadida où il saisit avec un graphisme enfantin l’ambiance de la ville en des compositions symphoniques.

Najeb Zoubir est né en 1954 à salé. Lauréat des Beaux arts de Tétouan et de l’Académie Royale de Bruxelles, il a commis de nombreuses expositions individuelles et collectives depuis 1979 au Maroc et à l’étranger. Son travail pluriel et coloré a connu des moments de répit comme nous le retrouvons dans les œuvres exposées ici qui sont d’une grande sensibilité et profondeur. Une peinture en allusions qui frôle le regard pour nous suggérer des transitions de l’humain dans le temps.

Ce n’est qu’après l’accrochage que le titre de cette exposition m’est venu. J’ai réalisé la sélection de ces travaux en étant accompagnée par une certaine musicalité et c’est en regardant l’exposition accrochée que j’ai pu voir le bruit dans les bars de Belaziz côtoyer la musique de la cité de Dibaji.

Les chuchotements des pinceaux de El Kahfaï sont venus se mêler à ceux des oiseaux de Benmoussa.

Et les crissements des apparats des contrebandières de Lkhattaf ont rencontré le murmure des enlacements des corps de Zoubir.

Quant aux silences des sables de Kibari, ils ont eu du mal à se mêler à cette symphonie et ils ont trouvé leur place dans les embrasements de la galerie.

 

                                                                                                        Hakima Lebbar